Affaire Piccinin : scandale belge et censure française sur la Syrie. (Acte 1)

Posted on mars 6, 2012

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C’est une histoire dont même le Canard Enchaîné n’a pas voulu. Hervé Martin n’a sans doute pas voulu complexifier outre mesure la perception des français du conflit syrien. Et pourtant, celui-ci est loin de ressembler à ce qui en transpire dans les

Pierre Piccinin à Hama

médias de l’hexagone. Mais de l’autre côté de la frontière, chez nos amis belges, le sujet est bien moins épineux qu’en France, dont des éléments de l’armée sont déjà engagés sur le terrain. Pierre Piccinin, universitaire membre du Cercle des Chercheurs sur le Moyen Orient (CCMO) est de ceux qui ont travaillé sur la Syrie. Il paie aujourd’hui le prix fort pour ses travaux sur la question : il vient d’être remercié du CCMO, et ses publications ainsi que son nom ont été supprimés du site Internet…

Quelles sont les raisons invoquées par le CCMO ?

Le service communication du cercle a apporté les explications suivantes :
« En décembre dernier, le bureau du CCMO a lancé une procédure disciplinaire à l’encontre de monsieur Piccinin, suite à la polémique créée par nombre de ses papiers (méthode, conclusions, sources dans lesquelles il a publié). Monsieur Piccinin a été invité, à trois reprises, à se présenter devant le bureau pour défendre ses travaux. N’ayant jamais donné suite à nos convocations, menaçant le CCMO d’un recours en justice et ayant tenu des propos injurieux à l’égard de l’association, le Conseil d’administration du CCMO a voté à la majorité son exclusion.

Malgré mes relances justifiées par une imprécision des motifs invoqués, je n’ai pu en savoir plus car « il n’y a aucune espèce d’intérêt à « informer le public » de l’exclusion d’un membre d’une association, sauf à vouloir défendre personnellement monsieur Piccinin (sic), auquel cas il eut été préférable de le dire d’entrée de jeu. » D’autant que mon interlocutrice ne voyait pas « l’utilité de rédiger un papier sur une histoire qui a bien peu d’importance » et que son association ne souhaitait pas « perdre de temps dans des débats stériles ».

Peu convaincu par ces arguments, qui ne remettent à aucun moment en cause le travail de Pierre Piccinin, j’ai donc sollicité ce dernier pour un entretien dans lequel il fait des révélations surprenantes sur son éviction.

Pour comprendre de quoi il en retourne et vous mettre en bouche, je vous invite à lire son article « Syrie – Désinformation massive » paru en mars 2012 ou son enquête sur les bidonnages médiatiques. Vous comprendrez ce qui en gêne certains…

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