Ces journalistes du Fouquet’s…

Posted on janvier 11, 2012

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Si vous regardez l’intervention d’Estrosi sur RFI à partir de 3’50, vous le verrez s’énerver au sujet du Fouquet’s, qu’il appelle une « brasserie populaire » (nous reviendrons dessus ensuite) et ces journalistes d’abord taquins finissent par s’écraser car Estrosi leur demande :
« Je vous pose la question. Lequel d’entre vous n’y est pas allé ? »
Une main se lève devant l’objectif, mais cette objection est visiblement écartée.
Ensuite, des brouhahas et des rires sur le plateau, Estrosi dit alors :
« Je vous trouve bien silencieux sur ce plateau..! »
Ensuite, terminé…

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Mardi politique- Christian Estrosi par rfi

De quoi cela peut-il être révélateur ?
Les relations entre hommes politiques et journalistes ont longtemps été tendancieuses en France. On se souviendra récemment de l’affaire Tristane Banon… Mais jusqu’à quel point cette connivence influence-t-elle les journalistes dans leur travail ? Peut-on réellement prendre au sérieux le travail ou l’avis d’un journaliste qui partage la table des pontifes de la République, confortablement attablé dans un restaurant de luxe qui a fait près de 40 millions d’euros de chiffres d’affaire en 2010. On parle de l’établissement (groupe Lucien Barrière) qui a marqué le commencement du règne de sa majesté Sarkozy, le soir où il trompa la France, ce 6 mai 2007. Modeste, pour une « brasserie populaire« .

Je me demande si ces journalistes ont conscience de l’hypocrisie qu’ils perpétuent. Ces gens sont presque main dans la main avec les politiques… A vrai dire, leurs relations pourraient sur le papier se qualifier « d’associés-rivaux ». Les uns ont besoin des autres pour faire leurs métiers (communiquer et informer), mais les journalistes ont tout de même besoin de lever des lièvres de temps à autres dont parfois quelques affaires sortent, des potins, des réglements de compte, mais souvent des histoire de moindre importance.

Non, un journaliste digne, c’est un journaliste honnête, qui ne se laisse pas corrompre. Ce sont ceux qui tentent de démasquer les hypocrisies du pouvoir. Ceux-là sont surveillés, espionnés, intimidés (par le glaive de la justice), et parfois passés à tabac ou assassinés. Pourquoi diable les journalistes ne pourraient-ils pas faire leur travail d’information librement ? Comment une société peut-elle croire qu’elle vit en démocratie lorsque les journalistes, ceux-là mêmes qui ont la chance d’avoir les clés pour décoder l’actualité, n’appliquent pas leurs talents et leur intelligence à décrypter l’information qui leur parvient, afin d’en faire profiter le public ?

Ainsi, la profession de journaliste, est progressivement passée d’une activité à valeur ajoutée pour l’information, à un simple rôle de courroie de transmission, avec quelques bidouilles de temps à autres. Où sont donc les analystes dont le travail serait d’enrayer le flux incessant d’information, afin de prendre le temps de comprendre et de partager le fruit de ce travail au public ? Heureusement, il nous reste encore quelques journalistes chevronnés, et des jeunes qui en veulent pour voir ce qu’il se trame derrière la dernière couche de peinture.

En tout cas, Estrosi doit s’en mordre les doigts, il a réouvert la plaie de Fouquet’s…

Dans un prochain billet je vous parlerai du Dîner du Siècle, réunion mensuelle où tout le gratin se réunit pour papoter gardés par des colonnes de CRS. Certains journalistes fréquentent aussi ce cercle là, et vous imaginez qu’il ne s’agit pas des moins connus 😉

PS : Si des confrères me lisent : Sachez que rien n’est perdu et que tout peut encore changer !

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