L’affaire #salemec, un exemple de la fabrique du consentement médiatique.

Posted on janvier 5, 2012

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Il y a des jours comme ça, où une des prisons mentales qui nous empêche d’être lucide se brise. Les media relais du pouvoir, ce n’est pas qu’une théorie de Noam Chomsky. Non, et cela se vérifie chaque jour au vu du traitement de l’actualité par les media de masse, au contenu tellement déconnecté des réels besoins d’information des français. Par ici, ils tentent de focaliser l’opinion sur des sujets futiles, des faits divers, en répercutant les petites phrases, ils attisent nos peurs (musulmans, immigrés, roms)… Ceci n’est pas qu’un naufrage du journalisme. Le problème vient du fait que les journalistes ne sont pas libres. Ils sont tenus par vous savez qui, il suffit de voir qui détient les groupes de presse, de voir qui, chez les annonceurs, financent les medias… Il ne s’agit pas ici de caricaturer, une étude attentive des positionnements des media est déjà très significatrice. Bref, pour ne plus céder aux sirènes des défenseurs de l’oligarchie, je vous propose d’analyser ce qui a fait le buzz le mercredi 4 janvier : la petite phrase de François Hollande, le candidat socialiste…

Alors, c’est l’histoire d’un #salemec…

Vous pourrez suivre le fil de l’histoire via l’article de Claude Askolovitch. Il soulève une interrogation intéressante, mais ne semble pas vouloir aller jusqu’au bout : « De ce fameux déjeuner, au fond de nulle importance, il reste le sentiment de la politique prise comme une bulle, un jeu de positionnements, et de slogans, et de formules. Un jeu à somme nulle. Nulle ?« . Et oui, totalement nulle, mais nous, public, ça nous a bien occupé !

Ca a fait le tour des media, et même les internautes se sont fait piéger, regardez l’audience que cela a eu ! Liste non exhaustive (ce que j’ai vu sur le web ou écouté à la radio, je n’ai pas la TV…).

C’était en une de tous les titres de presse, sûrement des JT tv (je spécule), mais aussi des radios (j’ai entendu BFM radio, Europe 1, France Inter…). Idem pour Internet, jusqu’aux media citoyens (AgoraVox, Le Post…) les media sociaux (Surtout Twitter, mais les fils de commentaires sur Facebook furent enflammés) et les blogs. Arrêtons nous une minute, et demandons si cela est bien raisonnable, de mobiliser tant d’intelligence, de capacité d’enquête, et de temps d’information du public pour relater une information inintéressante, qui ne fait que rendre compte des facéties de nos hommes politiques.

Où est le débat de fond ? Où sont les journalistes qui enquêtent pour comprendre les racines de la crise ? Pourquoi nombres d’intellectuels sont-ils exclus du débat public, alors même que Bernard Henri Lévy, le philosophe milliardaire, a, en Grand Prêtre de la démocratie implorant la guerre, pignon sur rue ? Rendez-vous bien compte, le système est verrouillé ! Pouvons-nous tolérer cela ? Je crois que le public a simplement le droit d’être informé de façon complète, la désinformation doit cesser.

Une petite capture de l’excellent mais malheureusement incomplet documentaire Looking for Nicolas Sarkozy nous donne la perspective de la puissance médiatique au service du du chef de l’Etat (il manque France Télévision) :

Nous prennent-ils pour une bande de dégénérés incapables de réfléchir par nous-mêmes ? Pourquoi tant de mensonges d’Etat ? Tant d’efforts déployés pour tenter de manipuler les masses, de répression, de censure ! Où se trouve donc la sagesse et l’amour de l’humanité ?

Chaque empire médiatique protège ses petits poulains, qui ont quelques dissensions de principes, pour des petites phrases par exemple… Mais au fond, tous sont vendus à la même idéologie

Sont-ils si idiots qu’ils pensent que nous ne débusquons pas leurs outrageantes fumisteries ? En tout cas, avec Internet, nous pouvons le faire publiquement et presque librement, ce qui est une excellente chose pour l’équilibre mental des français.

Ils nous observent 

Ex étudiant en communication, j’ai fait mon stage de fin d’étude dans un cabinet d’étude qualitative, où j’ai pris conscience de l’ampleur des moyens utilisés pour observer la population. Que ce soit pour des idées (sondages politiques), des goûts et des ressentis (panels de consommateurs)… les méthodes sont légions, et elles marchent ! Grâce à tous les sondages et les études auxquelles vous répondez, nos puissants peuvent ainsi voir si leurs pitreries sont efficaces, et si ils arrivent toujours à nous vendre leur saloperie de bouffe industrielle néfaste pour la santé et l’environnement, à grand renfort de publicité. D’ailleurs, il y a deux jours, je me suis fait interrogé par l’Institut CSA pour divers clients et diverses problématiques. Je ne sais combien de fois j’ai commenté leur questionnaire biaisé et ne laissant aucune place à la dissidence pour s’exprimer. Et oui vous savez, c’est subtil de garder une opinion en état d’anesthésie générale. C’est un peu comme pour le gouvernement américain avec la nano-thermite, si vous ne cherchez pas, vous ne trouvez pas !

Regardez ce que nous montrent les baromètres de l’opinion sur Internet :

On voit bien qu’un besoin d’action envers les fondamentaux (protéger notre environnement, nourrir les populations, préserver la vie…) se dessine… Deux mentions (3 & 4) semblent faire tâche, et on est en droit de se demander ce qu’ils attendent en testant ces items ! Voyons comment, au vu des préoccupations des français, est perçu le fonctionnement des media mainstream, parfaits perroquets de nos puissants :


Et oui, les petites phrases, on s’en moque !

Ah ! Si vous croyez encore vivre en démocratie… Si on prend comme référence l’adage : « la dictature c’est ferme ta gueule, la démocratie c’est cause toujours ! »  on se rendra compte que le pouvoir exercé sur la France est un sacré mélange des genres. On vous dira que vous vivez en démocratie, on ira bombarder la Libye au nom de nos pères de 1789, mais on matraquera les Indignés de la Défense et du reste du monde sans qu’une âme ne s’interroge sur le sens de leur engagement et des questions qu’il soulève.

Vers un « nouveau monde » ?

Il faut vraiment que quelqu’un m’explique pourquoi l’on a passé une journée à se demander si François Hollande a traité Nicolas Sarkozy de « sale mec », alors même que notre Nation est exposée à tous les dangers… Peut être certains sont-ils impatients de voir le « nouveau monde » que notre Président appelle de ses voeux à chaque allocution du 31 décembre, comme le Canard du 4 janvier le fait remarquer ? Rappelez-vous :

2007 : « Notre monde a besoin d’une nouvelle renaissance. Eh bien, que la France soit l’âme de cette renaissance ! »

2008 : « De cette crise va naître un nouveau monde, auquel nous devons nous préparer (…) en poursuivant nos réformes. (…) Mes chers compatriotes, ce défi-là« , je vais le relever avec vous. Vous pouvez compter sur moi. »

2009 : « Un monde nouveau commence à se construire. » « Les efforts que nous faisons depuis deux ans et demi vont porter leurs fruits. »

2010 : « Les grandes réformes engagées commencent à porter leurs fruits. »

D’ailleurs, tout le monde se garde de demander ce qu’est ce monde nouveau…

Bref ! Visiblement, la situation est assez dramatique, mais je garde espoir dans le fait qu’une force citoyenne positive puisse émerger de l’éveil qui attend les populations cette année. Sarkozy l’a bien dit dans ses derniers voeux : « Ce qui se passe dans le monde annonce que 2012 sera celle de tous les risques, mais aussi de toutes les possibilités, de toutes les espérances » !

Mes confrères journalistes, s’il vous plaît, réveillez-vous ! Le but ultime de notre profession est de protéger le peuple des aversions et des abus des différents pouvoirs. Mais au lieu de cela, la plupart des mass media se rendent complices des éléments dominants en recrachant ce qu’ils leur font ingurgiter. Il faut refuser de rentrer dans le jeu de l’information manipulatrice, notre rôle de journaliste n’est pas de rendre exactement compte des vaines gesticulations de nos élites.

Notre profession est la faille du système. Si l’on déverrouille le débat démocratique aujourd’hui cadenassé par de nombreux verrous (Censure du CSA [voir qui le compose…], concurrence, empires médiatiques, intimidations…) en outrepassant les consignes de rédaction, en faisant de la Résistance, alors les choses pourront enfin changer. Les solutions à la crise sont sous nos yeux, il suffit de les ouvrir et de tirer les leçons de nos erreurs afin d’avancer. Sans quoi, nous allons droit dans le mur, j’espère que vous en êtes bien conscients ! Il est temps de nous unir pour de vraies valeurs, pour une fois.

PS : J’aurai bien écrit un billet sur le nouveau bébé de la novlangue de notre oligarchie : la « TVA sociale » ! Encore une belle quenelle, bien joué les gars !

NB : Je ne prétend pas détenir la vérité, j’espère me tromper dans l’analyse de notre système. Mais si jamais c’est le cas, je demande qu’on m’en apporte les preuves, parce que les éléments en présence soulèvent beaucoup de questions… J’en profite pour encourager tous ceux qui résistent à ce qui semble être une conspiration..

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