Torah! Torah! Torah! L’UEJF refuse le débat, l’Incorruptible frappe une seconde fois !

Posted on décembre 21, 2011

1


« ‎Lorsque vous voulez noyer quelqu’un, ne vous contentez pas de lui faire boire trois fois la tasse. Maintenez lui la tête sous l’eau jusqu’à ce qu’il meure ! » C’est en substance ce que conseille l’un des 36 stratagèmes issus du « Manuel secret de l’art de la guerre  », et c’est bien ce que je compte faire : insister jusqu’à ce que Jonathan Hayoun, président de l’UEJF, daigne me faire face et affronter ses contradictions. Car si je n’ai en rien oublié l’action menée à Dauphine le 6 décembre dernier, les questionnements soulevés lors dans ma précédente tribune n’ont pas toujours pas été résolus… Sachant qu’il m’a déjà lu, et bien je continue… 

« Mais qui est donc cet énergumène qui s’écharpe sur l’UEJF ? » se demandent sûrement les oligarques communautaires. Le zozo en question est simplement épuisé et usé par tous ces assauts répétés envers les valeurs de la République et ses convictions personnelles, qui viennent déprécier l’image globale de ses semblables et attiser les haines. Puisque, sur le papier, nous sommes en démocratie, je demande simplement à me faire entendre. En effet, il n’y a semble-t-il aucune raison pour que l’UEJF se fasse la voix de la communauté, sans que celle-ci, par l’expression individuelle de ses membres, ne puisse apporter des nuances au discours dominant. Ceci fait appel à des problématiques de représentativité de ces associations, que l’on pourra étudier en détail dans un prochain article.

Une guéguerre fratricide

Revenons à la problématique UEJF-FN. Qu’ai-je pu rire à la lecture du communiqué de presse du 6 décembre signé Michel Thooris, conseiller politique de MLP ! Le titre ne manque pas d’humour : « Marine Le Pen ignoblement censurée par une bande de bobos en manque de médiatisation  ». Pour lui, « ces associations ont montré de quel côté elles se trouvaient, du côté de toute la racaille oligarchique à tendance ploutocratique qui écrasent et pillent le peuple.  »

L’intervention de Michel Thooris est d’autant plus amusante que ce dernier est, comme le souligne JSSnews, Juif. De plus, il vient d’être investit candidat FN dans la 8e circonscription des français à l’étranger qui comprend… Israël ! J’avoue avoir du mal à saisir la molesse de la contre-attaque de Jonathan Hayoun, qui s’est contenté de dire à France 24 que MLP « n’hésite plus à mettre sur le devant de la scène des frontistes juifs [alors que] derrière de telles personnes se cachent des Gollnisch et autres personnalités antisémites notoires  ».

(Petite parenthèse : On notera la création de l’Union des Français Juifs (notez la subtile différence avec « Juifs de France »…) , site fondé par des anonymes. « Ceux qui prétendent parler ‘au nom des juifs’ comme le CRIF, ou ceux qui n’existent que par les grasses subventions qu’ils touchent d’un Etat lâche et faible, comme l’UEJF, la Licra, la soi-disant ‘Ligue des droits de l’homme’, le MRAP, SOS Racisme, et toutes ces officines qui font régner la terreur ‘antiraciste’ et mémorielle, ne représentent qu’eux-mêmes » expliquent-ils dans leur présentation. Leurs prises de positions seront à suivre dans les prochains mois, ce site semblant avoir été mis en place pour séduire l’électorat Juif au profit du FN.)

L’antisémitisme, le mot magique.

Ah, l’antisémitisme ! Un petit quolibet, fréquemment utilisé par les apôtres de la pensée unique pour couper court à tout débat. Et lorsqu’il est utilisé à tort, cela vient franchement entamer la crédibilité de l’interlocuteur. Il s’agissait de « ne pas donner une tribune à ceux qui sont racistes, xénophobes ouantisémites » se justifie le président de l’UEJF concernant l’action de son association à Dauphine.« Pas de liberté pour les ennemis de la liberté !  », Saint Just aurait applaudit des deux mains.

Mais le FN est-il seulement antisémite ? Le blog de deux journalistes du Monde, Droite(s) Extrême(s), s’est posé la question de façon détournée. Verdict ? « Effectivement, le FN n’a jamais fait de l’antisémitisme un axe programmatique. Ce qui, soit dit en passant, serait tombé sous le coup de la loi. Mais il a toléré une parole publique antisémite. ». Donc… fin de l’équation ? Le raisonnement de Jonathan Hayoun est tout bonnement une escroquerie intellectuelle, car si certains sont antisémites au FN, ni MLP, ni les statuts du parti n’y font mention. Dans une interview donnée au Point la présidente du FN est même allée jusqu’à affirmer que « les camps ont été le
summum de la barbarie. 
 » Pas mal, pour une négationniste.

Accepter ou refuser un héritage politique, telle est la question.

En fait, on reproche surtout à MLP d’assumer l’ensemble de l’histoire de son pays et de son parti. Cet élément de langage est repris par la modération de la page Facebook UEJF Science-po, qui a tenté de répondre aux contradictions devant lesquelles je les mettais par une pirouette intellectuelle : « Quand au début de l’article où il raille l’argument que Marine serait la fille de Jean Marie. La situation n’est pas comparable à celle de Hollande et son père. Il n’est pas question de filiation de sang mais de filiation politique. Marine le Pen est la fille mais surtout le successeur de Jean Marie Le Pen à la tête du Front National. Ce dernier en est toujours Président d’Honneur, et Marine Le Pen a récemment déclaré qu’elle assumait toute l’histoire de son parti. » « Un leader politique doit-il dénoncer les politiques de son père ? » se demande non sans ironie Jean-Patrick Grumberg… Si la question mériterait d’être débattue avec les intéressés, il semble en tout cas que l’amalgame Durafour-Gollnisch-détail-MLP est abusif.

La dictature des minorités

J’ajouterai que j’ai reçu, parmi mon courrier des lecteurs, une contribution intéressante au sujet de ce que l’auteur appelle la « dictature des minorités  » :

« Ils sont je pense la très grande majorité, comme moi, à penser que beaucoup de minorités en appelle a la persécution comme une raison de vivre plus que comme une véritable raison de lutte. Ceci sans ce soucier une seconde de la distance infinie qui les sépare de ceux qu’ils pensent représenter ( cf « Les nouveaux cons« ).

Grâce à la « dictature des minorités », le droit de satyre en a presque disparu ; on est obligé « d’avoir un copain homo » pour raconter une blague gay, sinon les dictateurs minoritaires y voient de la stigmatisation à tous les coins de rue. Dieu que c’est triste. L’égalité, la vraie, se poursuit dans la satyre, pas dans l’hypocrisie. 

J’espère que tous ces groupes qui se veulent représentatifs de communautés, mais qui ne savent que mettre leur véritables acteurs mal a l’aise, ne nous feront pas évoluer vers une société comme celle là.  »

Je creuserais cette problématique dans un prochain article.

Une petite mise au point

Puisque mon précédent papier a été récupéré par certains sites d’extrême-droite, j’adresserais un message aux petits malins qui pensent utiliser mes écrits pour justifier leurs vaines rancoeurs haineuses. La voix critique que je fais émerger n’est en rien anecdotique. Nombreux sont les membres de la Communauté à en avoir ras-la-kippa des agissements de ceux qui parlent en notre nom. Bien peu osent le dire avec tant d’aplomb, voilà tout. La crise de légitimité touche à peu près toutes les instances représentatives, de la Présidence de la République aux syndicats en fait.

De plus, je n’ai aucune sympathie particulière pour le FN, pas plus que l’UMP ou le PS en fait. Parfois, je me demande même si ce n’est pas un « épouvantail consentant au service du système » comme aime le conceptualiser François Asselineau de l’UPR. De plus, je me considère comme humaniste, donc disons que je méfie des postulats simplificateurs anti-immigration / islam.

« Je ne voterai pas Front National mais je pense que ce parti, qui doit être considéré comme républicain aussi longtemps qu’il ne sera pas interdit, doit bénéficier du droit à la liberté d’expression. Je dirais la même chose du Front de gauche ou de la Ligue Communiste Révolutionnaire. Défendre la liberté d’expression n’est pas défendre l’extrême droite. » Voilà ce que Robert Ménard confiait au Figaro suite à la polémique que son livre “Vive le Pen !” avait provoqué. Je me retrouve assez bien dans sa pensée.

La problématique du FN est pour moi un simple levier pour démarrer un débat de fond et de tester jusqu’où le Président d’une association qui a un tel poids est capable d’aller. En attendant, j’affûte laguillotine intellectuelle car je n’ai rien à perdre et tout à gagner.

Le tout étant d’avoir un débat constructif. A ce sujet, on peut lire sur leur site Internet que l’UEJF« défend et fait sienne les valeurs républicaines fondatrices que sont la tolérance, l’esprit civique, le respect de la différence et le maintien d’un dialogue démocratique entre élus et représentés, à l’image du fonctionnement de l’association.  » De plus, Jonathan Hayoun, dans un article de France 24 nous informe qu’« en période de crise économique comme aujourd’hui, les discours populistes sont toujours les discours les plus séduisants ».

J’espère donc qu’il sera prompt à les dépasser…

Bien à vous,

Jonathan Moadab

Article paru sur AgoraVox : http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/l-uejf-refuse-le-debat-l-106481

Publicités