Un étudiant Juif de France contre les agissements de l’UEJF & Co. (Unissons-nous !)

Posted on décembre 14, 2011

2


Et bien, si j’avais su qu’un jour je sortirais ma plume pour défendre le Front National… Licencié d’Histoire, presque diplômé de M2 en Science Politique (cet article retarde la livraison de mon mémoire !), apartisan, sympathisant Indigné, j’ai appris à nager à contre-courant des idées reçues pour me forger mes opinions. En tant que Juif, je suis régulièrement abasourdi par les déclarations de ceux qui estiment représenter la voix de la communauté, que ce soit le Consistoire de Paris, le CRIF, et bien sûr, ceux qui nous intéressent ici, l’UEJF. Je ne m’étendrais pas sur la politique globale de cette institution, je me bornerais à critiquer une seule et unique action, celle qu’elle a mené à l’Université de Paris-Dauphine le 6 décembre. Alors voilà, cette fois, j’ai décidé de crier ma colère haut et fort, tant leur action à Dauphine contribue à ternir l’image de la communauté. Je vois déjà mes contradicteurs venir avec leurs gros sabots, il n’est ici pas question de défendre l’idéologie du FN (je ne suis pas non plus un Juif qui a la « haine de soi  » !) mais bien le principe même de la liberté d’expression. Je vous rassure, je ne vous citerai pas faussement Voltaire

En tant que citoyen, il m’est difficile de rester insensible aux problématiques que soulèvent ce débat, bien plus importantes qu’une simple guéguerre contre l’extrême droite. Ces derniers mois, je sens que la police de la pensée se fait de plus en plus présente. Que ce soit sur Internet avec des sites diffamatoires et ridicules comme Conspishorsdenosvi(ll)es, ou bien au sein de l’espace public, lorsque des militants empêchent la tenue de conférences, comme ce fût le cas pour Michel Collon voilà quelques semaines, ou Stéphane Hessel lors de son passage à l’ENS.

Une attitude éthiquement et pénalement condamnable

Dignes héritiers de cette lignée, l’UEJF (& Co- parfois), se sont déjà précédemment illustrés dans leurs actions à Radio J, leurs indignations face aux résultats de sondages… Cette fois, leur réponse à l’organisation d’un événement en toute transparence par l’association Dauphine Discussion Débat est allée trop loin, et remet en question les principes gravés dans le cœur de tous les Hommes. Je citerai ici l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen : »Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

Mais ce texte n’ayant de valeur que pour ceux qui le lui en accordent, il sera plus pertinent de se référer à l’article 431-1 du Code Pénal qui sanctionne les entraves à la liberté d’expression. C’est pourquoi Marine le Pen, s’appuyant sur le droit Républicain, a déposé plainte contre ces associations.

Au fond, le déroulé judiciaire de cette affaire m’importe peu, tant ma confiance en la Justice française s’est érodée au fil du temps (je ne mentionnerais, à titre d’exemple, que le traitement des dossiers concernant les réseaux pédo-criminels). En effet, la question concerne tout d’abord l’honnêteté intellectuelle et la responsabilité politique.

Les contradictions et les indignations sélectives de l’UEJF

L’UEJF appelait à la manifestation parce que, entre autres, « Les thèses du Front National restent celles de Jean-Marie Le Pen », ce qui est, entre nous, une analyse politique difficilement tenable. Le fascisme, c’est une question de gênes ? Mais alors, pourquoi n’a-t-on pas relevé que le père du candidat – dit – « socialiste » François Hollande, était, selon France-Soir, un pétainiste convaincu ? Cet élément, qui semble tout droit envoyé par Alexandre Pougatchev, n’est-t-il pas comparable à l’aspect « telle père-telle fille » imposé à Marine le Pen ? Je me demande que vaut cet acharnement idéologique qui ne fait que renforcer ce qu’il veut combattre.

En réplique à l’organisation de cette manifestation, l’Union des étudiants Juifs de Dauphine avaient été cordialement été invités par l’association à prendre part au débat. Ils n’ont pas accepté, mais ont profité de l’occasion pour arborer fièrement leurs gros drapeaux, heureux d’avoir triomphés d’un « fascisme » supposé.

Car l’indignation de ces félons de la pensée est sélective. A titre comparatif, et selon leur paradigme intellectuel, pourquoi Nicolas Sarkozy, Président de la République, celui-là même qui est à l’origine d’une politique grandement inspirée par le Choc des Civilisations, pourrait-il s’exprimer librement ? Puisque c’est la carte de la xénophobie qui est mise en avant pour censurer le Front national, je ne m’attarderais que sur ce point concernant la façon dont la politique de la Nation est menée. Car c’est tout particulièrement le monde musulman qui a été visé, que ce soit au travers de discours oud’éléments de langage, d’entreprises guerrières (retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, Guerre de Libye…) ou de lois stigmatisantes (interdiction du voile intégral, des prières de rue…). Je n’oublie bien sûr pas la politique honteuse de notre République envers la communauté Rom, qui a valu à la France d’être pointée du doigt par sur la scène internationale.

De plus, pourquoi ceux-là mêmes qui se considèrent comme les prophètes de la démocratie, ne s’expriment pas au sujet des dérives de l’attitude d’Israël vis à vis de Marine Le Pen. Après que la présidente du Front National ait été reçue « par erreur  » à l’ONU, il n’y eu aucune réaction d’une portée notifiable dans l’espace médiatique. Pourquoi un différentiel de traitement entre ces situations ?

Un pouvoir nuisible au champ démocratique

Alors, pour qui se prennent donc ces sublimes moralisateurs, qui applaudissent eux-mêmes à leurs propres rhétoriques, bénéficiant de la subtile complicité des media, nonobstant par ici la légitimité démocratique d’un parti politique reconnu par la République ? Comment peuvent-ils se permettent de censurer, par leur violence symbolique, leurs discours simplificateurs, et leurs démonstrations de force allant à l’encontre de toutes les valeurs démocratiques, une mouvance politique dans laquelle se reconnaît une partie de nos concitoyens ? Peu importe la couleur politique de celui qui a subit cette mis au ban du débat public. L’usage de la raison, et la connaissance du droit imposent que l’on se borne aux arguments factuels, et non au domaine de l’émotion.

La manipulation de ces mouvements est flagrante, et je la dénonce avec force. Car si ces organisations jouent pleinement le rôle de propagande visant à imposer la pensée unique, elles abritent parfois des militants sincères qui ne sont aucunement conscients de leur participation à cette funeste entreprise.

Nous n’avons que trop toléré ces agissements nuisibles. C’est pourquoi j’appelle solennellement les dirigeants (ceux là mêmes qui s’expriment avec un argumentaire hasardeux sans réelle conviction) de ces structures pyramidales à faire preuve de responsabilité politique en assumant pleinement leurs erreurs. Il est aujourd’hui temps que les acteurs de ces manipulations démocratiques démissionnent, pour laisser place à des voix sages et raisonnées.

Je ne saurais tolérer qu’une frange extrêmement minoritaire de la population, embrigadée dans une croisade contre un ennemi fantoche, puisse dynamiter le débat public de la sorte. Car comme le dit le très bavard Rav Ron Chayala fin semble proche.

Travaillons enfin à régler des problèmes connus

Le temps des futilités est révolu, l’heure est à l’Union Nationale pour fédérer les luttes pacifiques de résistance. Il est maintenant temps de débattre en toute transparence des problèmes structurels et conjoncturels que traverse notre société. Ainsi, cette initiative menée par ces associations est symptôme du cancer que notre démocratie porte en elle. Elles ont oublié ce qu’est une démocratie. J’aime la définir selon le philosophe Paul Ricoeur : « Est démocratique, une société qui se reconnaît divisée, c’est-à-dire traversée par des contradictions d’intérêt et qui se fixe comme modalité, d’associer à parts égales, chaque citoyen dans l’expression de ces contradictions, l’analyse de ces contradictions et la mise en délibération de ces contradictions, en vu d’arriver à un arbitrage ».

Ce qu’il faut combattre, c’est donc le système oligarchique sur lequel les citoyens n’ont presque aucune prise (rappelez-vous la propagande médiatique et ce qui a été fait des résultats dureferendum de 2005, de la tragicomédie grecque…) tant ils sont de plus en plus éloignés des lieux de pouvoir (organisations transnationales et financières) et de prise de décisions. Nous vivons une crise grave, qui mérite que nous prenions le temps d’analyser les causes et multiples symptômes de celle-ci, ainsi que d’en juger les responsables.

Un coup de pied dans la fourmillière pour déclencher un débat démocratique et censé

J’assume parfaitement cette position, et je me ferais un plaisir de débattre publiquement de ces questions avec les acteurs incriminés. Je tiens à insister que je ne saurais tolérer que mon argumentaire soit vidé de son sens par des attaques facétieuses. J’appelle mes contradicteurs à faire preuve de dignité dans le débat auquel je les invite. J’insiste sur le fait que si ma raison a failli, je saurais reconnaître mes erreurs, ma parole n’a pas prétention de Vérité. J’en suis simplement à la recherche.Je ne suis qu’un citoyen, guidé par l’amour de la justice et de l’égalité, cherchant à faire entendre son cri du cœur.

Ma plume est sévère, mais je crois, justifiée. Mais dans notre société, oser interpeller la conscience de l’Homme sur ses principes fondamentaux est devenu un acte de résistance. Je le regrette amèrement.

Vous pouvez aussi voir cette adresse comme un appel fédérateur à tous les esprits conscients de l’urgence d’agir là où nos politiques ont faillis. Rejoignez les Assemblées populaires à côté de chez vous, créez en, contactez-moi… rendez au débat public ses lettres de noblesse.

Jonathan Moadab

Citoyen, Juif, sympathisant du mouvement « Démocratie Réelle », apprenti journaliste (si ça intéresse quelqu’un d’ailleurs…), Membre du Cercle des Volontaires, et partisan d’une Révolution des consciences.


Publicités